Jérémie RoyLa faillite africaine: à qui la faute? par Jacques GuillemainLa faillite africaine : à qui la faute ? par Jacques Guillemain.500 millions de dollars provenant des caisses de la Banque mondiale évaporés en cinq ans au Congo, 95% des fonds de soutien à la politique agricole détournés au Cameroun, des dizaines de milliards de la manne pétrolière disparus au Nigeria ou en Angola….ce ne sont là que quelques exemples de la corruption généralisée qui sévit en Afrique et rend toute politique d’aide au développement extrêmement difficile pour ne pas dire impossible. Depuis plus de quarante ans le leitmotiv des tiers-mondistes est le même : « aider l’Afrique, aider l’Afrique », oui, mais pour quel résultat ? Ceux qui font en permanence le procès des pays riches en dénonçant le pillage des matières premières et en déplorant l’insuffisance des aides internationales, ont une fâcheuse tendance à oublier la réalité des chiffres et feignent d’ignorer les véritables causes du naufrage de ce continent. L’Afrique, certes, cumule tous les handicaps. Selon un récent rapport de l’OCDE, elle totalise à elle seule les trois quarts des PMA ( pays les moins avancés ) et des PPTE ( pays pauvres très endettés ). La moitié de la population y vit avec moins de un dollar par jour et le tiers souffre de malnutrition. L’analphabétisme touche de 50 à 80% des habitants, l’espérance de vie ne cesse de diminuer avec les ravages du SIDA et l’instabilité politique, aggravée par les rivalités ethniques, augmente considérablement le facteur risque pour tout projet de développement à long terme. Même la riche Afrique du Sud qui représente à elle seule 25% du PNB africain, a vu son espérance de vie à la naissance diminuer de 14 ans en quelques années. Ceux qui clament que l’Afrique a besoin d’un vaste plan Marshall devraient savoir qu’elle a déjà bénéficié en 40 ans d’une manne représentant plus de vingt fois celle reçue par l’Europe de 1947 à 1953. Depuis son indépendance l’Afrique a reçu 1600 milliards d’euros d’aides diverses. Chaque année elle absorbe 40% de toute l’aide mondiale accordée aux pays pauvres, ce qui représente 20% de son PNB. Pour certains pays, comme la Tanzanie, l’aide internationale atteint jusqu’à 40% du PNB. Quant à la France, tant décriée par les inconditionnels de la bien-pensance, rappelons que sa contribution totale s’élève à 200 milliards d’euros depuis l’indépendance et que chaque Français donne 100 euros par an à l’Afrique (ou 400 euros par foyer fiscal).
La vérité est que l’Afrique a dilapidé l’héritage qui lui fut légué lors de son accession à l’ indépendance. Corruption, rivalités ethniques, incompétence, guerres et coups d’Etats innombrables ont compromis à jamais les chances de développement de tout un continent. En cinquante ans cette région du monde a connu 100 coups d’Etats et 80 conflits armés dont 40 guerres civiles. Rwanda, Biafra, Libéria, Congo, Sierra Leone, Côte d’Ivoire, Somalie, Angola, RCA et combien d’autres ont été livrés aux ambitions de quelques chefs de clans prêts à tous les massacres pour prendre le pouvoir ? Quel investisseur oserait risquer ses capitaux dans une fournaise pareille ? Les lamentations et les procès d’intention des éternelles pleureuses de la bien-pensance ne peuvent masquer la dure réalité des faits. Ce sont les potentats africains sans scrupules, dont beaucoup ont confondu leurs comptes personnels avec les caisses de l’Etat, qui sont les premiers responsables de ce chaos. Et ce ne sont pas de faux prétextes qui suffiront à les exonérer de leurs responsabilités. Article ajouté le 2007-10-10 , consulté 20 fois CommentairesLiensAfficher une version imprimable de cet article Retour aux articles |